Dossier de presse


« Mais l’amour de la musique
mène toujours à la musique de l’amour
et quand la musique est celle du malheur
si grande si belle soit-elle
en sourdine on entend toujours
au grand air
le grand air de l’amour »
Jacques Prévert
extrait de Carmina Burana, dans « Choses et Autres », 1972

Trio est une histoire d’amour entre un homme, une femme et un violon.

A travers la vie de Gheorghe et Sorina, Trio est plus qu’un documentaire. C’est un voyage poétique à travers la Roumanie contemporaine, une réflexion politique 30 ans après la chute du communisme, une réflexion sur être rom aujourd’hui en Europe, un film sur la violence sociale, mais aussi un film sur le bonheur, l’amour et l’acceptation de l’autre dans son altérité.

Trio est une ode à la musique. Le violon de Gheorghe rythme chaque séquence passant des accords les plus dramatiques aux notes les plus joyeuses.
Mais avant tout Trio est un film qui est là pour nous emmener dans un voyage à la fois esthétique et brut.

Mon premier contact avec Gheorghe fut par l’intermédiaire de la musique. Avant de le voir je l’ai entendu. La musique jouée était la Ballade de Ciprian Porumbescu. Bien après, à la fin du tournage, j’ai découvert par hasard que Ciprian Porumbescu est mort un 6 juin alors que Gheorghe est né un 6 juin. La vie tisse sa toile à partir des fils du hasard. De cette musique j’ai décidé d’en faire un film. La partition est composée d’instants choisis de la vie de Gheorghe. Certains écrits bien avant notre rencontre, d’autres écrits ensemble.

Trio n’est pas un documentaire. Ce n’est pas non plus une fiction. Nous sommes dans un espace à part qui relève de l’essai cinématographique c’est-à-dire de ces films qui sont à la frontière des deux genres.

L’idée au départ peut paraître simple : la vie d’un violoniste d’origine rom. Plusieurs documentaires ont été tournés sous l’angle de la musique tzigane et de son folklore. Je ne souhaitais pas travailler dans ce sens. Ce n’est pas le côté traditionnel ou folklorique qui m’intéressait. Ce n’est pas non plus le côté documentaire stricto sensu.

Le film

J’ai d’abord découvert la musique de Gheorghe avant de le découvrir lui et son épouse. Son violon m’a touché en premier. Puis, petit à petit j’ai appris à connaître Gheorghe ainsi que sa famille. Derrière le violon et son violoniste j’ai découvert une histoire d’amour à la fois triste et magnifique avec Sorina, son épouse. D’un duo, l’homme et son violon, je suis passée à un trio avec un homme, une femme et un violon entre eux. Je ne me voyais pas écrire cette histoire dans un cadre classique. Je ne souhaitais pas d’interviews et je ne me suis pas attachée au fait de faire un film sur leur vie. Je voulais transmettre la banalité de leur quotidien, de leur vie et de leur amour, ouvrir une lucarne extérieure qui observe leurs destins croisés et offrir au spectateur ce que j’ai entrevu en entendant pour la première fois jouer Gheorghe.

Références

Dans la conception du film, j’ai également fait une série de clins d’œil cinématographique. L’égorgement du porc sur fond de musique classique est une référence à Orange Mécanique de Kubrick dans la scène « flat block Marina ». La chute du porc du coffre de la voiture est une référence à la chute du chien du coffre dans Funny Games de Haneke. Le mouvement fictionnel de Haneke est à l’identique du mouvement réel de la chute du corps du porc. La violence de la mort de l’animal est une mise en perspective de la lutte pour la survie. Ceci est le préambule de la scène finale. Deux violences se côtoient et s’affrontent. A contrario dans la scène de la mer on est plutôt dans un univers proche de celui de Lelouch dans Un homme et une femme mélangé au Chat noir, Chat blanc de Kusturica. Ma réalisation puise ses racines dans le cinéma de fiction et l’adapte au réel.

Dispositif

Gheorghe et Sorina sont ceux qu’on peut qualifier d’invisibles aux yeux de la société. C’est une des raisons pour laquelle j’ai mis en place un dispositif filmique. Le tournage a été effectué en 60 images par secondes permettant ainsi de donner une rythmique différente à chaque plan qui a donc son propre rythme. C’est aussi et surtout prendre le temps, rendre visible l’invisible.

Anciennement photojournaliste, Ana Dumitrescu a travaillé en France et en Roumanie pour de nombreux médias comme National Geographic, Mediafax et l’agence Gamma-Rapho. Elle traite de sujets de société tels que l’Holocauste Rom durant la Seconde Guerre Mondiale, l’homophobie en Roumanie ou les travailleurs sans-papiers en France. Artiste photographe, elle multiplie les expositions à travers le monde racontant la vie des autres.

A ce jour, elle a à son actif quatre long-métrages. Sortant du champ journalistique dans lequel se trouvent ses deux premiers films (Khaos et Même pas Peur !), elle se tourne vers une écriture visuelle plus artistique avec le court- métrage La Chaise Verte, un chat sur un trapèze et autres histoires ordinaires, distribué par l’Agence du Court-Métrage.

Son précédent long-métrage, Licu, une histoire roumaine, produit en Roumanie par Jules et Films, a remporté le Golden Dove à DOK Leipzig en 2017 et a été sélectionné dans de nombreux festivals à travers le monde. Il a été nommé en 2019 dans la catégorie « Meilleur documentaire de l’année » aux prix Gopo et au gala UCIN (Union des cinéastes roumains).

Filmographie

2019Trio – 82 min, prod. Jules et Films
2017Licu, une histoire roumaine (Licu, o poveste românească) – 83 min, prod. Jules et Films, Golden Dove – DOK Leipzig 2017
2015Même pas Peur ! – 107 min, prod. Barprod
2012Khaos, les Visages humains de la Crise Grecque – 97 min, prod. EIRL Ana Dumitrescu

TRIO
un film de Ana Dumitrescu
82 min – Noir et Blanc – DCP 2K – Son 5.1
Roumain – sous-titres Français

Réalisation : Ana Dumitrescu
Production : Jules et Films SRL
Co-production : Cristal Groupe, Eric Debègue, Xavier Ferrand
Direction photo : Ana Dumitrescu
Son : Jonathan Boissay
Montage : Ana Dumitrescu
Montage son : Jonathan Boissay
Musique : Gheorghe Costache
Etalonnage : Jules et Films SRL
Mixage son : Mathieu Nappez – L’Alhambra Studios, Rochefort
Distribution France : Barprod, Sébastien Cheval
Relations presse : Thomas Roland